1908, la révolution «jeune-turque», remplace l’Empire Ottoman n’en finissant plus de disparaître. 1914, la guerre approche. L’Arménie va se retrouver cernée par les puissances ennemies, et les arméniens s’engagent massivement auprès des russes espérant ainsi favoriser la libération de leur pays. 1915, le soulèvement de la ville de Van et l’instauration d’une autorité provisoire, effraye le gouvernement «jeune-turc» pensant alors à une trahison. Décision fut prise de déporter et d’exterminer la population arménienne (télégramme du ministre de l’intérieur Talaat Bey du 28 février 1915, exposé au Centre du patrimoine arménien de Valence).
Si des massacres existèrent avant la révolution turque, ils furent, par la suite, plus nombreux, ciblés, organisés et raisonnés, afin d’éliminer la population arménienne. Sur une année les deux tiers des arméniens de Turquie furent tués soit 1,2 millions de personnes.
2006, quatre-vingt-onze années après cette tentative d’extermination totale, la Turquie ne reconnaît encore que des «malheurs de guerre» aboutissant à la mort de 300 000 personnes. Les pays occidentaux peinent à reconnaître le génocide arménien sous la peur de sanctions économiques turques. Les ambassadeurs font des navettes entre leur légation et leur capitale au gré des discussions parlementaires visant à reconnaître le génocide, voire à punir sa négation.
Malgré tout, localement des municipalités, notamment en France, prennent des initiatives mémorielles comme le Centre du patrimoine de Valence, le monument de Marseille, et récemment celui de Lyon. Le Figaro du 25 avril 2006, chroniquait cette inauguration lyonnaise. Si celle-ci fut calme, la protection policière fut importante et le monument profané la veille. Un mois auparavant, 3000 opposants négationnistes scandaient dans la rue : «non au mémorial d'un prétendu génocide» et «il n'y a jamais eu de génocide arménien». En Turquie, la moindre initiative en faveur de la mémoire arménienne réveille un nationalisme s’opposant aux produits français (canadiens...). Quels sont donc ces valeurs communes propices à une entrée de la Turquie au sein de l’Union européenne ?










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